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La crise est systémique
Cet été encore, la France et l’Europe subissent canicules historiques, sécheresses records et méga-feux, dont l’impact environnemental et économique restent sous-estimés par les pouvoirs publics. Ce n’est qu’un début selon les scientifiques qui nous alertent depuis la convention cadre de l’ONU sur le changement climatique de 1992. La population, les salariés et personnels des services publics subissent des conditions de vie et de travail fortement dégradées en l’absence de mesures d’anticipation et de protection suffisantes pour y faire face.
Les plans canicule actuels sauvent quelques vies, mais les morts se comptent par milliers. La chaleur est traitée comme un événement isolé, alors qu’elle est le symptôme d’une transformation durable de nos conditions de vie ! Les canicules percutent des systèmes déjà fragilisés : agriculture, eau, électricité, bâtiments mal isolés. Les crises s’imbriquent et s’aggravent mutuellement, formant une polycrise.
En chiffres :
L’inaction coûterait cher aux jeunes et aux générations à venir
Malgré les alertes scientifiques et le rapport Pisany-Ferry / Mahfouz qui rappelle l’ampleur des investissements nécessaires pour faire face au changement climatique (66 milliards à l’horizon 2030), politiques pro business et lobbies patronaux s’acharnent à faire reculer le cadre réglementaire : Directive Omnibus I et II en Europe, lois favorisant l’accaparement de l’eau et des terres ou réintroduisant des pesticides, projets de démantèlement des services publics tels ceux concernant le ministère de la transition écologique.
L’action des pouvoirs publics et des entreprises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les autres pressions anthropiques sur les écosystèmes exige au contraire une planification systémique et de long terme, et des financements à la hauteur des enjeux pour contenir le niveau d’élévation des températures et à protéger la biodiversité.
Au travail, c’est majoritairement le « business as usual », l’impréparation et les mesurettes qui prévalent. Les représentants des salariés ne disposent pas de droits d’intervention suffisants pour peser sur les stratégies des directions qui impactent toute la chaîne de valeur. Nous avons besoin de dépasser le cadre de la RSE et de gagner un cadre contraignant pour enclencher la bifurcation écologique et économique de nos entreprises.
Pas de justice environnementale sans justice social !
Planifier les politiques publiques environnementales et sociales et accomplir la bifurcation des activités productives et de services, c’est assumer l’insoutenabilité d’un système capitaliste devenu incompatible avec les limites planétaires et la justice sociale.
L’avenir de notre planète s’écrit avec notre travail
Une majorité d’ingés, cadres et techs accorde de l’importance au sens du travail, aspire à contribuer aux solutions et à la conception d’un modèle de société qui tient compte à la fois des limites planétaires et des enjeux sociaux !
Ces conflits éthiques sont source de souffrance réelle et de risques psycho-sociaux ! Encadrant.es, nous devons pouvoir disposer des moyens pour prévenir les risques, proposer et mettre en place des organisations de travail compatibles avec la santé et la sécurité de nos équipes.
L’Ugict-CGT revendique :
Article publié le 11 juillet 2026.